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Mise à jour août 17, 2026 Par Vinceslas
L’échec du front commun PPA-PDCI marque probablement la fin d’une alliance politique entre les deux forces d’opposition. Avec plusieurs combats en commun, le PDCI RDA et le PPA CI avaient mis en place l’année dernière le Front commun, avec plusieurs objectifs à la clé. Les principaux objectifs visés par cette alliance étaient entre autres, la réintégration de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam sur la liste électorale de la CEI, afin qu’ils soient candidats à la présidentielle d’octobre.
Malgré des manifestations organisées, dont la plus mémorable fut la marche de Yopougon, l’alliance des deux grands partis d’opposition ne changera pas grand-chose dans les faits. Dans une récente interview, Dia Houphouët, l’un des cadres du PDCI qui était particulièrement engagé dans le succès de cette alliance, est revenu sur l’échec du front commun PPA-PDCI l’année dernière :
«Dans ce front commun avec le PPA-CI, je me suis investi à fond, au risque de ma vie, parce que j’y croyais sincèrement. Cela n’a pas été facile, parce que vous savez que le PDCI-RDA et le FPI, devenu aujourd’hui le PPA-CI, ne partagent pas la même idéologie politique et n’ont pas la même culture politique. J’ai donc pris sur moi de faire en sorte que cette alliance puisse fonctionner.
J’y croyais sincèrement. J’ai même essuyé des critiques au sein de mon propre parti, certains considérant que j’étais devenu un militant du PPA-CI, parce qu’à leurs yeux, je défendais et présentais Laurent GBAGBO mieux que le Président THIAM. Mais je le faisais parce que j’y croyais, et cela a été une déception. Certains ont tendance à penser que si nous sommes en colère, c’est parce que nous n’avons pas été réélus. Non, cela n’a rien à voir. Ils ont cru qu’à partir du moment où je ne serais plus député, j’allais disparaître. Mais ce n’est pas le cas.
Je suis toujours égal à moi-même. J’y ai cru, je me suis donné pour que cela fonctionne, mais cela n’a pas marché. Est-ce que je me suis senti trahi ? Je vais le dire ainsi. Vous savez, nous avons discuté et nous nous sommes engagés, comme je l’ai dit, au risque de nos vies. Des gens sont tombés et, aujourd’hui encore, certains sont en prison. Lorsque nous nous sommes engagés pour faire valider les candidatures de nos leaders politiques, le PPA-CI a déposé ses candidatures à la CEI.
Elles ont été réceptionnées par la CEI, puis transmises au Conseil constitutionnel. C’est ce dernier qui a rejeté les candidatures. Nous avons considéré qu’il s’agissait d’une injustice.», a déclaré l’ancien député de la circonscription de Yopougon. Le cadre du PDCI RDA est notamment revenu sur la non-participation du PPA CI aux dernières élections législatives en Côte d’Ivoire. Selon l’ex-député, il était prévu que le combat politique mené par l’alliance se poursuive au sein du parlement. Mais le PPA CI décidera finalement de renoncer aux élections législatives, après une réunion du comité stratégique.
Selon les révélations faites par le cadre du PDCI RDA, le PPA CI et le PDCI avaient convenu poursuivre leur alliance au sein du parlement. Mais là encore, l’on constatera un nouvel échec du front commun PPA-PDCI. Alors que le PDCI RDA annonce sa participation aux élections législatives, le PPA CI de Laurent Gbagbo, arguant ne pas reconnaitre le nouveau mandat du Président Ouattara, affirme qu’il ne participera aux élections législatives.
Plusieurs cadres du PPA CI fouleront au pied les consignes du parti en prenant part aux élections législatives. C’est le cas par exemple de Stéphane Kipré, l’un des plus proches collaborateurs de Laurent Gbagbo. Stéphane Kipré sera sanctionné par le PPA CI, tout comme l’ensemble des cadres ayant participé aux élections législatives. Selon Dia Houphouët, le PPA CI a renoncé aux élections législatives, suite aux pressions subies par les cyberactivistes dudit parti :
«Sur la base de ce front commun, nous avons cru en cette alliance. Or, de leur côté, ils ont considéré que nous, au PDCI-RDA, devions faire notre propre déclaration, alors qu’à la base, il avait été convenu que nous irions ensemble à ces élections législatives. C’est ce qui avait été arrêté. Lorsque le Président THIAM a reçu l’information, nous avons donc fait notre déclaration pour annoncer notre participation aux élections législatives.
Nous attendions ensuite la position du PPA-CI. Ils ont tenu une réunion au sein de leur conseil stratégique, au cours de laquelle ils ont décidé de participer aux élections législatives. De notre côté, nous attendions la déclaration du Président Laurent GBAGBO… Nous ne pouvons donc pas accepter que les cadres du PDCI-RDA et son Président apprennent à la télévision qu’une décision ou une orientation a changé. Cela ne se fait pas.
Nous leur avons fait confiance parce que les cadres qui avaient pris ces décisions avec nous autour de la table ne sont pas n’importe qui. Lorsqu’un changement intervient, nous devons en être informés. Et s’ils ont changé d’avis, c’est notamment parce que les cyberactivistes proches du PPA-CI leur ont mis la pression.», a souligné l’ex-député, concernant l’échec du front commun PPA-PDCI l’année dernière.