Eric Babou, candidat recalé à l’AG élective de l’Africa Sports, interpelle Idriss Diallo, au sujet du football local. Si le championnat ivoirien figurait il y’a quelques années parmi les plus prisés de la sous-région, il a perdu ses lettres de noblesse au fil des années. Pour l’ancien sociétaire de l’Africa Sports, le président de la fédération ivoirienne de football devrait s’investir davantage dans le rayonnement du football local.
Eric Babou estime que le football local est délaissé sous la présidence d’Idriss Diallo, actuel patron de la FIF. Lors de la dernière assemblée générale extraordinaire de la FIF, le président alors candidat dévoilait son programme pour le rayonnement du football local. Les subventions des clubs ont été revus à la hausse sous la présidence d’Idriss Diallo. Pourtant, le championnat ivoirien, autrefois terre d’exil de grands joueurs ivoiriens, laisse aujourd’hui à désirer. Si le président de la FIF doit également investir sur la sélection nationale, il ne doit pas perdre de vue le football local, selon Eric Babou : «Il arrive qu’un dirigeant, après avoir occupé avec succès le poste de manager de l’équipe nationale, conserve les réflexes de cette fonction une fois devenu président de la fédération.
C’est humain, mais cela peut poser un véritable problème de gouvernance. Le président d’une fédération n’est plus le manager de la sélection. Son champ d’action est beaucoup plus vaste. Il doit consacrer son énergie à l’ensemble du football national : les ligues, les districts, les centres de formation, le football féminin, les compétitions locales, les arbitres, les infrastructures, la formation des entraîneurs et la gestion administrative et financière. Lorsqu’un président concentre l’essentiel de son temps, de sa communication et de ses décisions sur l’équipe nationale, il existe un risque que la fédération fonctionne au rythme de la sélection. Les succès des Éléphants peuvent alors masquer les difficultés structurelles du football national.», a déclaré l’ancienne gloire de l’Africa Sport d’Abidjan.
A moins de deux mois de l’élection du président de la FIF, le football local sera au centre des débats en Côte d’Ivoire. Candidat à sa propre succession, Idriss Diallo aura donc la lourde tache de formuler des propositions concrètes pour rehausser l’image d’un football local qui n’attire plus les amoureux et supporters ivoiriens. Pour Eric Babou, le président de la FIF doit trouver le parfait équilibre entre le football local et la sélection nationale, plutôt que de privilégier l’un ou l’autre :
«Plus préoccupant encore, la voie actuellement empruntée tend à opposer le football local à l’équipe nationale, comme s’il fallait choisir entre les deux. Cette opposition est pourtant artificielle et contre-productive. La mission du président de la fédération est précisément de faire en sorte que ces deux dimensions s’imbriquent harmonieusement. Un championnat national fort nourrit l’équipe nationale de talents, tandis qu’une sélection performante valorise le championnat, attire les investisseurs, les partenaires et suscite des vocations. Il ne devrait donc pas exister de concurrence entre ces deux piliers, mais une complémentarité permanente.».






