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Mise à jour août 12, 2026 Par Vinceslas
L’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire inquiète de plus en plus les ivoiriens. Les conséquences liées à ce phénomène se font déjà ressentir dans plusieurs localités du pays. Il y’a de cela quelques jours, la SODECI alertait sur un risque de coupure d’eau, en raison de l’orpaillage illégal dans de nombreuses localités du pays. Si le gouvernement a déjà consenti de gros efforts dans cette lutte, le combat contre ce fléau est loin d’être gagné à ce jours. Ce mercredi 12 août 2026, le CIAPOL, centre antipollution ivoirien, établit un constat amer.
Le CIAPOL juge préoccupant le niveau de pollution des lagunes Tendo-Ehy et Aby. Cet état de pollution avancé de ces lagunes pourrait avoir de lourdes conséquences sur la pêche : «L’orpaillage clandestin est devenu l’un des principaux défis environnementaux de la Côte d’Ivoire. Derrière les pépites extraites du sous-sol se cache une réalité beaucoup moins brillante : des cours d’eau dégradés, des sols éventrés, des forêts détruites et des communautés exposées à de graves risques sanitaires.
L’utilisation de produits chimiques dans certains procédés d’extraction contribue à la contamination des eaux et des sols. Les cours d’eau, indispensables à la consommation, à l’agriculture et à la pêche, deviennent ainsi des réceptacles de substances polluantes. Les conséquences dépassent largement les sites d’exploitation, affectant les populations riveraines, la biodiversité et les activités économiques locales…
Les analyses techniques du CIAPOL ont confirmé une pollution préoccupante des lagunes Tendo-Ehy et Aby, principalement due à l’orpaillage illégal, avec des conséquences sur la pêche, l’accès à l’eau potable et les conditions de vie des populations riveraines… L’orpaillage illicite ne vole pas seulement de l’or au sous-sol ivoirien.
Il vole aussi de l’eau potable, des terres agricoles, des forêts, des emplois durables et parfois l’avenir des générations futures. Il vole aussi la vie des forces de l’ordre qui s’y opposent !», lisons-nous dans une publication du CIAPOL ce mercredi. Le centre antipollution a par ailleurs appelé les autorités à accentuer les efforts pour un démantèlement des réseaux d’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire.
Le centre antipollution ivoirien a par ailleurs égrené quelques solutions dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. Selon le CIAPOL, il faut «proposer des alternatives économiques crédibles aux populations qui dépendent de cette activité. La formalisation de l’exploitation artisanale légale, l’accès à des emplois décents et le développement d’activités agricoles ou entrepreneuriales peuvent réduire l’attractivité de l’orpaillage clandestin.
Le Gouvernement mise d’ailleurs sur une implication accrue des communautés locales et sur des alternatives légales. Il faut enfin renforcer la surveillance environnementale. Il faut par exemple cartographier des sites à risque, effectuer des analyses régulières des eaux et des sols, restaurer des sites dégradés et publier des données permettant de mesurer l’évolution de la pollution». Mais la plus grande bataille contre ce fléau ne sera gagnée que lorsque toute la chaine sera démantelée.
Outre les nombreuses interpellations des orpailleurs, le CIAPOL appelle les autorités à démanteler tout le réseau impliqué dans l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : «Ni l’État ni les populations locales ne profitent vraiment de ces pépites d’or. À qui profite donc l’orpaillage en Côte d’Ivoire ? La question mérite d’être posée. L’orpaillage clandestin ne profite pas uniquement à celui qui descend dans le trou.
Derrière certains sites peuvent exister des réseaux qui fournissent les équipements, financent l’exploitation, achètent l’or et organisent sa commercialisation… Le véritable enjeu est donc de remonter la chaîne économique afin d’identifier la source de financement, le fournisseur des moyens, l’acheteur, le transformateur et l’exportateur.
Tant que les bénéfices de l’or clandestin resteront supérieurs aux risques encourus, et ce n’est un secret pour personne, les opérations de destruction des sites ne suffiront pas.», fait savoir le centre antipollution ivoirien dans son rapport. Pour sa part, le gouvernement a déjà annoncé une intensification des actions déjà mises en place dans le cadre de la lutte contre ce fléau dont les conséquences impactent l’écosystème économique et écologique dans plusieurs localités.