orpaillage-clandestin-CI-adjaratou-traore-chaine

Orpaillage clandestin CI: Adjaratou Traoré appelle à criminaliser ‘‘l’ensemble de la chaîne de complicités’’

Mise à jour août 17, 2026 Par Vinceslas

La lutte contre l’orpaillage clandestin CI est loin d’être gagnée, malgré les nombreux efforts consentis par le gouvernement. Au cours des cinq dernières années, plus de 4400 personnes impliquées dans l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire ont été déférées. Pour la députée ivoirienne Adjaratou Traoré, l’heure n’est plus aux dénonciations, mais à davantage d’actions concrètes pour endiguer ce fléau.

L’orpaillage clandestin CI menace gravement l’écosystème ivoirien. Malgré les mesures et actions répressives engagées par le gouvernement pour éradiquer le fléau, les orpailleurs clandestins sont toujours actifs dans de nombreuses localités ivoiriennes. Dans un récent rapport, le CIAPOL, centre antipollution ivoirien, a confirmé une dégradation avancée de plusieurs cours d’eaux en Côte d’Ivoire :

«… Derrière les pépites extraites du sous-sol se cache une réalité beaucoup moins brillante : des cours d’eau dégradés, des sols éventrés, des forêts détruites et des communautés exposées à de graves risques sanitaires…Les analyses techniques du CIAPOL ont confirmé une pollution préoccupante des lagunes Tendo-Ehy et Aby, principalement due à l’orpaillage illégal, avec des conséquences sur la pêche, l’accès à l’eau potable et les conditions de vie des populations riveraines».

Bien avant ce rapport, la SODECI, société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire, tirait également la sonnette d’alarme sur le phénomène de l’orpaillage clandestin CI. Selon la société de distribution d’eau, les conséquences de l’orpaillage illégal pourrait à termes, entrainer une coupure en fourniture d’eau potable. Pour l’élue ivoirienne Adjaratou Traoré, l’heure n’est plus aux condamnations de cette exploitation illégale aux conséquences destructrices pour l’écosystème ivoirien.

Pour endiguer ce fléau, il faut remonter toutes les chaines de commandement impliqués dans ces exploitations illégales : «Hier, j’ai suivi l’émission NCI 360 avec un intérêt capital, alors que le débat portait sur le thème : « 𝐎𝐫𝐩𝐚𝐢𝐥𝐥𝐚𝐠𝐞 𝐢𝐥𝐥é𝐠𝐚𝐥 : 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥𝐞 𝐩𝐡é𝐧𝐨𝐦è𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐢𝐬𝐭𝐞-𝐭-𝐢𝐥 ?« . Ce diagnostic sans concession met à nu une urgence nationale qui menace directement l’essence même de nos territoires. Face à cette gangrène, mon rôle de parlementaire n’est plus de déplorer, mais d’exiger une refonte législative implacable qui criminalise l’ensemble de la chaîne de complicités et assèche les circuits financiers de cette économie souterraine.», a déclaré l’élue de la circonscription de Koumassi.

Adjaratou Traoré plaide également pour une réinsertion de la jeunesse impliquée dans ce fléau d’orpaillage illégal. Selon l’élue ivoirienne, ces jeunes sont très souvent instrumentalisés : «Nous devons sanctuariser nos bassins hydrologiques et nos terres agricoles par une réponse sécuritaire ciblée, couplée à un véritable plan d’insertion légale pour une jeunesse trop souvent instrumentalisée. La souveraineté écologique de la Côte d’Ivoire ne se négocie pas : elle s’impose par la force de la loi et une volonté politique sans faille. C’est sur ce cap d’action stratégique et d’intransigeance républicaine que je vous souhaite à toutes et à tous une très belle et fructueuse semaine.», fait savoir l’élue ivoirienne.

Plus de 4000 arrestations dans l’orpaillage clandestin

Lors du conseil national de sécurité qui s’est tenu en juillet dernier, le gouvernement ivoirien a rendu public quelques chiffres dans la lutte contre le phénomène de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Selon le gouvernement, 4470 personnes en lien l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, ont été déférées, entre 2021 et 2026. Le gouvernement précise que 65% des personnes interpellées sont de nationalité étrangère.

Un peu plus de 960 millions de FCFA  (plus de 3 millions d’euros) ont été saisis lors des opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin en CI. Le gouvernement prévoit désormais d’aller plus loin dans cette lutte. Les chefs de communauté et de villages qui se sont rendus coupables de ce phénomène ne sont plus à l’abri d’une arrestation ou de poursuites devant les juridictions ivoiriennes, selon le porte-parole du gouvernement.